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BANGBANG : 10 ans de nouveau millénaire!

L’étape (c’est pas juste un motel)

Julie Brunet

Bang Bang m’a demandé, y’a quelques semaines, un texte spécial pour la fin de l’année. Un texte pour la fin de la décennie, en fait. «Oui», que j’ai répondu. Évidemment, je savais pas trop sur quoi écrire, mais je me doutais bien sur quoi allait porter mon texte: la scène musicale montréalaise des années 2000, évidemment. Sauf que mon texte est en retard. Les choses arrivent. Comme des étapes. Je sais pas si j’aime les raconter ou si je suis apte à le faire. Je suis archéologue, je pense. Pas musicienne. Mais je suis bien musicienne et plus trop archéologue. Voici donc, au risque de faire cliché, de vous dire des affaires que vous savez déjà ou d’en oublier pas mal, mon texte sur la scène musicale montréalaise. Un de plus.

Avant l’aube : l’organisation

Éric Parazelli signe la première chronique Scène locale du journal Voir en 1996. À ma connaissance, c’est la première fois que le mot est dit publiquement, du moins, est mentionné dans une publication. «Scène locale», c’est étrange et paradoxal. Parce que la scène, c’est l’ouverture. Un local, c’est un lieu fermé. De quoi se compose-t-elle, cette scène, à la fin des années 1990? Existe-t-elle? Sous sa forme connue plus tard, certainement pas. Elle apparait alors plus morcelée, mais solidement unie dans un désir d’affirmation et de reconnaissance, donc plus radicale, et composée d’artistes qui font dans des styles dits «alternatifs» (punk, ska, métal, rap, etc.), et pas encore d’artistes qui font dans des styles plus conventionnels (folk, pop, chanson, etc.), qui deviendront le «son Montréal», quelques années plus tard. Un bon exemple, la maison de disques Indica, formée en 1997 par les membres de Grimskunk, propose dès ses débuts un catalogue majoritairement punk et métal, puis, étendra ses ramifications dans les années 2000.

Certes, depuis 1990, les radios francophones doivent diffuser au moins 65% de contenu francophone et 35% de contenu canadien, mais les artistes alternatifs pour la plupart autoproduits se sentent évidemment mis de côtés par les grandes radios et par l’industrie en général. Cela inspire une importante prise de conscience à la fin des années 1990. La fondation de la SOPREF (Société pour la promotion de la relève musicale de l’espace francophone) en 1998, suite à celle du Forum des musiques amplifiées (FDMA) en 1997  marque un point important. Son fondateur, Jean-Robert Bisaillon, parle même de momentum à cette époque. Le Local, situé au 2003 Saint-Hubert (dont l’enseigne est toujours en place), accueille alors les bureaux de la SOPREF ainsi qu’un bon nombre d’activités et le Fanzine Kerozen. La SOPREF poursuivra ses activités d’encadrement, de promotion et de soutien aux artistes émergents du Québec, notamment par la mise sur pied de Local Distribution (en 1999), la parution de la compilation Québec Émergent (dès 2004) et du Bottin des musiques amplifiées jusqu’à sa fermeture en 2009.

Quant à l’Adisq, on la perçoit alors comme étant déconnectée, fermée, ou même, on s’en fout. À titre d’exemple, l’Adisq n’inclura les catégories hip-hop et électro (séparément) qu’à compter de 1999. Groovy Aardvark ouvre néanmoins le Gala de l’Adisq en 1997. Ce groupe, fondé en 1986 et mené par Vincent Peake, demeure une figure emblématique de la scène alternative québécoise jusqu’à sa séparation en 2005. En outre, peu d’artistes québécois s’illustrent en dehors de nos frontières à la fin des années 1990, à l’exception peut-être de Bran Van 3000 et de quelques chanteuses à voix.

Les débuts d’un «mouvement»?

Difficile de comprendre l’impact immédiat de la mort tragique de Dédé Fortin en 2000. Chose certaine, elle plonge le Québec et ses musiciens dans un froid inattendu, ce qui n’empêche pas de poursuivre des réalisations importantes pour la scène alternative. Bande à part est créé en 2001 par Radio-Canada. D’abord une émission radio et télé, elle organise dès ses débuts des sessions live dans les studios de Radio-Canada et elle deviendra une importante plate-forme de diffusion web plus tard. CISM 89,3 FM, la radio de l’Université de Montréal qui existe depuis 1991 dans sa forme actuelle, a déjà quelques têtes d’affiche au début du nouveau millénaire, notamment MC Gilles. Cool FM 98,5, une radio commerciale rock, offre une programmation intéressante dès l’été 2000, puisqu’elle diffuse bon nombre d’artistes alternatifs d’ici, mais ne fera pas long feu et deviendra en 2003 le Nouveau FM parlé de Montréal sur la même fréquence. Musique Plus diffuse largement les artistes québécois, mais peu les alternatifs.

À Montréal, comme ailleurs au Québec, un réseau de disquaires indépendants est déjà bien en place à l’aube des années 2000, notamment l’Oblique, les Anges Vagabonds, Cheap Thrills, Atom Heart, etc. On achète encore des disques compacts, en 2000. De nouveaux lieux de diffusion, comme la Casa del Popolo ou le Café Ludik (l’ancêtre du Divan Orange) ouvrent leurs portes. Dans le Quartier latin, la coopérative de travail le Café Chaos, fondée en 1995, est toujours un lieu de diffusion important pour les artistes alternatifs.

Dare To Care Records est fondée en 2000 par Éli Bissonnette et Hugo Mudie. À l’instar d’Indica, l’étiquette propose à ses modestes débuts des artistes punk et une esthétique DIY. La fondation de l’étiquette C4 en 2002 par Pierre Thibault, Olivier Langevin et Pierre Girard ouvre la porte à un nouveau son et de nouveaux artistes. L’étiquette Constellation, fondée en 1997, met de l’avant le son post-rock et une démarche fortement anti-commerciale. La prise de position radicale du label culmine en 2003 lors de la parution de Yanqui U.X.O. de Godspeed You! Black Emperor, dont le feuillet tente de démontrer les liens entre quatre majors (AOL Time Warner, BMG Entertainment, Sony Corporation et Vivendi Universal) et des fabricants d’armes. Peut-être moins influente ou percutante à la fin de la décennie, Constellation continue d’être bien présente et de produire plusieurs artistes. C’est aussi l’essor du hip-hop québécois, pratiquement absent des ondes radiophoniques avant la révélation de Dubmatique en 1998 et peu estimé avant l’arrivée de Loco Locass (formé en 1995 mais dont l’album Manifestif paraît en 2000). Le Gala MiMi (Montreal Independant Music Initiative) tient sa première édition en 2000. Le festival Pop Montréal fait également ses débuts en 2002, offrant une programmation audacieuse de musiques indépendantes d’ici et d’ailleurs, avant de devenir un véritable happening pour toutes disciplines artistiques, à la façon du festival texan South By Southwest. Le succès commercial subit des Cowboys Fringants (avec l’album Break Syndical en 2002) surprend. Tout le monde en parle, l’émission animée par Guy A. Lepage, révèle au grand public québécois des artistes comme Loco Locass (en 2004), en faisant bondir leurs ventes d’albums après une entrevue où ils brillent lors d’un quizz sur la Nouvelle-France.

En 2002, « l’affaire du Café Sarajevo » donne lieu à un débat entre la Guilde des musiciens du Québec et un mouvement spontané de musiciens, réunis sous la bannière Tous contre la guilde, qui refusent d’être forcés de devenir membre du syndicat, se considérant comme des autoproducteurs non concernés par la loi sur le statut de l’artiste.

En 2003, le journaliste à La Presse Alain Brunet lance Le disque ne tourne pas rond, un ouvrage sur l’avenir de la culture à l’ère numérique. Par ailleurs, des artistes québécois établis se font entendre dans des pubs télé contre le téléchargement illégal produites par l’Adisq. Qu’en pensent les artistes indépendants? Se sentent-ils concernés?

Encore une fois, malgré de nombreux efforts et plusieurs réalisations au début des années 2000, les alternatifs se sentent toujours mis de côté au milieu de la décennie.

L’effervescence

Aux alentours de 2005, les kids de la génération Nintendo quittent le nid familial, souvent situé en périphérie ou à l’extérieur de Montréal. Les uns ont fréquenté des écoles offrant un programme de concentration musique. Les autres ont passé des soirées dans des sous-sols de bungalow à jammer. Ils ont 20 ans. Ils connaissent la musique. Ils arrivent à Montréal avec la nostalgie des années 90, un dégoût de la musique dite commerciale et ont grandi le nez collé à un ordinateur. Ils n’écoutent plus la radio. Ils n’ont pas d’argent, à part des sous grugés dans leurs prêts et bourses ou récoltés à gauche à droite, notamment dans des projets Jeunes Volontaires. Ils écoutent de la musique prise sur internet et n’ont que faire de l’avenir du disque. Ils n’ont besoin de personne.

C’est aussi l’essor des sites «poste d’écoute» comme Myspace, qui permettent de diffuser sa musique gratuitement et instantanément. Pour la première fois, on parle de buzz internet, plutôt que de buzz médiatique ou commercial. Terminés, les flyers et l’affichage sur les poteaux de téléphone, on fait sa pub soi-même sur internet. Et ça marche. Les grands médias n’ont plus le choix et commencent à se pencher sur ce qui fait chavirer les internautes.

En 2005, le succès colossal des Trois Accords avec l’album Grand mammouth album (révélé plus d’un an auparavant sur les ondes de CISM) surprend tout autant que celui des Cowboys Fringants en 2002 et inspire une nouvelle génération. Paradoxalement, les Star Académie (depuis 2003) correspondent aux derniers gros succès de ventes (ont-ils été égalés depuis?).

Également en 2005, un nom est sur toutes les lèvres d’ici et d’ailleurs : Arcade Fire. Le magazine Time leur consacre d’ailleurs sa page frontispice. Le groupe montréalais, formé en 2003, fait paraître Funeral en 2004, qui récolte les éloges à travers le monde et attire même l’attention d’un certain David Bowie. Certains disent, à cette époque, que la scène musicale montréalaise est mise «sur la map». Un «nouveau son» émerge. Teinté de pop, de prog, de métal, et influencé autant par ses racines québécoises que par les vieux appartements mal chauffés du Mile-End dans lequel il prend forme, porté par une esthétique visuelle et un désir d’inclusion des milieux francophones et anglophones, ce regroupement d’artistes montréalais intéresse les médias du monde entier, dont le respecté site Pitchfork. Les grandes maisons de disques du Québec semblent vouloir acquérir leurs pions sur l’échiquier indé. On songe notamment à la création de la Confiserie, une branche de GSI musique. Les artistes indépendants montréalais représentent désormais un intérêt commercial : ils apparaissent dans les publicités télé et sont à l’affiche du nouveau festival Osheaga en 2006.

En 2006, des artistes montréalais prennent un local à l’international. C’est le cas, entre autres, de Malajube, qui remporte le Tour Scandinavia avant de passer deux années complètes à sillonner le monde, et de DJ Champion. Il s’agit toutefois d’un succès d’estime davantage que d’un succès commercial. On organise des soirées thématiques Montréal au festival SXSW. Portée par le succès de son rejeton Malajube, l’étiquette Dare To Care diversifie son catalogue en créant en 2006 une nouvelle branche francophone, Grosse Boîte, qui révélera bientôt au grand public québécois des artistes comme Tricot Machine ou Cœur de pirate et fera paraître les albums à venir de Jean Leloup.

Au milieu de la décennie, les publications spécialisées ne sont plus les seules sources d’informations en musique : on se réfère dorénavant aux blogues. Des non-musiciens font de la scène indé leur cheval de bataille, y consacrent tout leur temps et leurs énergies. Terminées, les soirées au Café Campus, on veille à l’Esco ou au Divan Orange et on relate le tout le lendemain matin sur son blogue. Les artistes indépendants veulent faire jaser sur internet.

Plusieurs vitrines continuent d’être disponibles pour les artistes indépendants. On songe au concours Les Francouvertes (depuis 1995), qui constitue une alternative aux traditionnels festivals de chanson au Québec. L’émission Baromètre (Vox) invite chaque semaine un artiste à se produire, lui permettant souvent une première présence télévisuelle. Même chose pour l’émission Mange ta ville (Art TV). À Musique Plus, les Pourris de talent (2004-2005) révèlent Pascale Picard, les Hot Springs et 3 gars sul’ sofa. CISM a 15 ans en 2006 et organise un méga-concert au CEPSUM, en plus de faire paraître une compilation remarquée. Même chose du côté de Bande à part qui fête ses cinq ans en grande pompe en organisant une nuit de concert au Spectrum. L’Autre Gala de l’Adisq a lieu pour la première fois en 2005 tandis que le GAMIQ (Gala de l’Alternative Musicale Indépendante du Québec) tient sa première édition en 2006. Le journal mensuel Bang Bang parait pour la première fois en 2006 pour trouver sa place dans les stands à journaux gratuits aux côtés des Voir, Hour, Mirror et ICI. M pour Montréal, depuis 2006, offre une vitrine internationale aux artistes montréalais.

Au Gala de l’Adisq en 2006, Pierre Lapointe secoue lors de son discours d’acception en implorant les médias de masse de diffuser les artistes indépendants. Au lendemain du gala, Robert Charlebois réagit en faisant une sortie contre la quantité de nouveaux artistes qui ont trop de facilité à produire eux-mêmes leurs albums, au détriment de la qualité : «Je trouve ça un peu brouillon. Il n’y a pas d’orfèvre de la chanson. Il me semble qu’il y a beaucoup de chansons botchées».

Prochaine étape?

Difficile de tracer un portrait de la fin de la décennie, mais il semble que la porte soit ouverte à de nouveaux changements pour la scène musicale indépendante. En 2007, le groupe Radiohead créé une petite révolution en lançant son album In Rainbows uniquement en version numérique et en l’offrant même gratuitement à ceux qui ne veulent pas l’acheter. Plusieurs artistes québécois (dont Misteur Valaire) font de même par la suite. Fin 2008, le gouvernement Harper annonce des coupures importantes dans la culture et une pléiade d’artistes réagit vivement. L’Adisq a 30 ans et on parle de la mort du disque. La musique en ligne: passera-t-elle, passera-t-elle pas? Comme le disent les musiciens, l’avenir est dans le spectacle. Néanmoins, plusieurs salles de concert, comme le Spectrum ou le Va-et-Vient ferment leurs portes, tandis que d’autres, comme la Casa del Popolo, sont en difficulté. Le tant attendu Quartier des spectacles voit enfin (et en partie) le jour en 2009. On parle depuis peu de la perte de notoriété des blogues et on craint désormais la hype plus qu’on ne la recherchait il y a quelques années, celle-ci étant perçue tant par certains artistes que par certains mélomanes comme étant superficielle et éphémère.

En 2009, l’hebdomadaire ICI Montréal cesse d’être publié, l’émission Baromètre quitte les ondes du Canal Vox et le mensuel Bang Bang cesse également d’être publié en version papier, devenant la plate-forme web que l’on connait. L’Adisq, toujours remise en question par bon nombre d’artistes indépendants, moins au niveau de son existence que de son organisation, inclut désormais une catégorie d’albums de reprises, puisque, selon les dires de plusieurs, c’est tout ce qui réussit à vendre ces jours-ci.

C’est aussi la parution du livre Les 101 disques qui ont marqué le Québec (Éric Trudel), d’un documentaire sur le groupe WD-40 Né pour être sauvage (Pierre-Alexandre Bouchard), de Dédé à travers les brumes (Jean-Philippe Duval), d’un film qui retrace la carrière de Fred Fortin (à paraître) et même d’un documentaire inspiré par le phénomène Sherbrooklyn …et la musique (Michel Lam). Bref, on commence à regarder en arrière, à la veille du dixième anniversaire de la mort de Dédé.

En 2009, la musique «indie» québécoise commence à briller en France de façon commerciale (Ariane Moffatt, Cœur de pirate, Pascale Picard). Mais la réalité de la majorité des artistes est différente, ces derniers continuant de vivre avec peu de moyens, cumulant des jobs et surtout, peu de chiffres de vente. Les artistes indépendants ne militent plus, ou de moins en moins pour leur scène en général et dédaignent même plusieurs autres styles alternatifs et le militantisme. On milite pour soi-même, quoique la musique engagée existe toujours, mais demeure plus marginale. Tant en 2005, on mettait de l’avant moins un message qu’un médium, la fin des années 2000 marque peut-être un retour au message. Pas nécessairement dans le texte, mais dans l’esthétique, la production et la mise en marché. On critique à nouveau les mauvais mix, on prône un retour à la qualité, on préfère être signé plutôt que de se jeter dans l’aventure de l’autoproduction, bref, l’effervescence du milieu de la décennie est peut-être derrière nous.

La scène locale ne flirte plus ou de moins en moins avec les organismes sans but lucratif mais bien avec le commerce et l’industrie. Elle rejoint la culture populaire, étant diffusée par des téléséries comme Les Invincibles ou Tout sur moi ou dans des pubs de compagnies de cellulaire, invitée à des talk show, bien présente à Musique Plus et sur les plus grandes scènes des festivals. On se demande même si la scène locale existe encore. Au début des années 2000, la scène indépendante montréalaise s’opposait radicalement à l’industrie et voulait s’organiser par elle-même, ce qu’elle a plutôt bien réussi. Aujourd’hui, on peut affirmer qu’elle en fait presque complètement partie, de cette industrie. Il s’agit peut-être d’une nouvelle prise de conscience : la radio commerciale demeurera toujours commerciale. L’industrie demeurera toujours lucrative. Que reste-il aux artistes? Faire une pop créative, tenir à ses idées, miser sur la qualité et se démarquer.

Chaque jour, je fais de la musique mais je ne sais pas ce que je ferai dans six mois, comme je me dis depuis au moins dix ans. Un courriel arrive, on me demande si je suis disponible fin janvier pour la France. «Oui», que j’ai répondu, sans trop y penser. Nous ne sommes qu’une étape.

3 commentaires
  • André Péloquin
    22 décembre 2009

    Synthèse malade. Je suis époustouflé! Merci Brunet!

  • digitmissile
    23 décembre 2009

    good job. j’apprécie particulièrement la fin, parce qu’elle semble pessimiste. Je pense que la meilleure facon d’expliquer l’éclatement de cette scène locale (terme paradoxal, signe du temps et de sa guerre) c’est par les différents réseaux qui se sont créés. Et il ne faut pas oublier que faire de la radio commerciale, ca prend beaucoup d’organisation.

  • Julieb
    24 décembre 2009

    Davantage un survol qu’une synthèse…

    Un membre du regroupement Sherbrooklyn me fait remarquer que Misteur V donnait sa musique avant Radiohead. On s’excuse de cet anachronisme impardonnable.

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